Line LeBlanc, Marie Robert et Thierry Boyer : L’expérience de la stigmatisation du point de vue des personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble de l’autisme : comprendre la présence ou non de l’autostigmatisation

La plupart des personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sont conscientes de la stigmatisation et peuvent décrire l’expérience d’être traitée différemment ou négativement (Ali, Hassiotis, Strydom, & King, 2012; Mogensen & Mason, 2015). Toutefois, l’auto-stigmatisation peut se produire ou non dépendamment des paramètres de la situation (Corrigan & Watson, 2002). Les recherches antérieures ont surtout examiné les stratégies pour préserver le soi face à la stigmatisation, mais on connait peu les mécanismes sousjacents à l’auto-stigmatisation. Des entrevues semi-structurées ont été menées auprès de 14 adultes et les résultats indiquent que l’auto-stigmatisation se produit ou non en fonction de la place accordée aux autres dans la détermination de sa propre valeur, ce qui oriente le mode d’insertion sociale.

The experience of stigma from the perspective of persons with intellectual disabilities or autism disorders: Understanding the presence or absence of self-stigmatization

Most people with intellectual disability or autism spectrum disorder are aware of being stigmatized and can describe the experience of being treated differently or negatively (Ali, Hassiotis, Strydom, & King, 2012; Mogensen & Mason, 2015). However, self-stigma occurs or not depending on the parameters of the situation (Corrigan & Watson, 2002). Previous research has mainly examined strategies to preserve one’s self against the stigma but little is known on what basis self-stigma occurs. We conducted a qualitative study of 14 adults and results indicate that self-stigma varies depending on the place given to others in determining one’s own value, which in turn relates one’s social integration mode.